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Informations sur le Tchad


Banque mondiale

 

Histoire
 
Le Tchad est confronté depuis son indépendance acquise en 1960, à d’interminables et violents conflits armés qui sont le fruit des profondes divisions ethniques, religieuses et politiques. La relative stabilité obtenue au début des années 1990, avec l’arrivée du Président Idriss Deby au pouvoir et la démocratisation de l’espace politique national, a été progressivement remise en cause, surtout après la révision constitutionnelle intervenue en 2005. Celle-ci a permis au Président Deby de pouvoir se représenter et de remporter les élections présidentielles de Mai 2006 mais ont été aussi le déclencheur d’une nouvelle vague d’attaques rebelles sur l’Est du pays et la capitale.
L’effet des conflits inter tchadiens et de la guerre au Darfour continue de peser lourdement sur le développement économique et social du pays. Les attaques des groupes rebelles se sont intensifiées depuis la fin 2005, ponctuées par une première entrée de la rébellion armée dans la capitale, en Avril 2006, suivie d’une seconde en février 2008 avec les affrontements jusque dans la capitale, N’Djamena. Les conséquences de cet assaut en pleine ville ont été considérables aussi bien en termes économique, social que politique.
Sur le plan économique, les dégâts causés ont été évalués à environ 7% du PIB du secteur non pétrolier au premier semestre. Et le Gouvernement a dû mobiliser des moyens financiers considérables pour réparer les destructions engendrées par cette situation et garantir la sécurité du territoire national.
Sur la plan social, les affrontements de N’Djamena ont ajouté des milliers de personnes sur la route de l’exil compliquant ainsi davantage la situation humanitaire déjà précaire de la prise en charge des déplacés dans le pays. En effet, le Tchad abrite plus de 200.000 réfugiés provenant de la région du Darfour au Soudan et 40.000 réfugiés de la République centrafricaine. Le nombre de déplacés à l’intérieur du pays a considérablement augmenté à plus de 150.000 personnes.
Sur le plan politique, un grand pas été franchi dans le cadre de la mise en œuvre des accords politiques du 13 août 2007 liant le parti au pouvoir et la coalition de l’opposition regroupé au sein de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC). Grâce à ces accords parrainés par l’Union Européenne et le Programme des Nation Unies pour le Développement (UNDP), une Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été mise en place, de manière consensuelle, depuis le 22 juillet 2009 et une Charte réglementant désormais le fonctionnement des partis politiques au Tchad a été votée par l’Assemblée nationale. La mise en place de cette structure ouvre la voie aux échéances électorales prévues en 2010 et 2011 dans le pays. Pendant ce temps, le recensement général de la population et de l’habitat lancé le 20 mai 2009 a pris fin deux mois plus tard.
Ces faits politiques majeurs ont quelque peu occulté la situation sécuritaire et militaire. Après les dernières tentatives d’attaques avortées de la rébellion à l’Est du pays en mai 2009, la situation, bien que fragile, reste calme. Cependant, les accusations mutuelles d’agressions militaires entre le Tchad et le Soudan se poursuivent. En même temps, le régime a enregistré le ralliement d’un certains nombres de leaders de la rébellion qui ont décidé de regagner la légalité.  Dans la même période, les autorités tchadiennes ont donné leur accord pour le déploiement combiné de la police et des forces armées fournies par l'Union Européenne (EUFOR), dont le mandat vient de prendre fin le 15 mars 2009 et qui sont entrain d’être remplacées par quelque 5.500 éléments de la Mission des Nations Unies en Centrafrique et au Tchad (MINURCAT).
 
Situation économique et sociale
 
Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD, le Tchad figure parmi les dix pays les plus pauvres du monde (170 sur 179 en 2008). Le faible niveau de son revenu par habitant, qui est inférieur à 300 dollars EU par an, se reflète également dans les indicateurs de bien-être, qui se situent dans leur ensemble à un niveau peu élevé (l’incidence de la pauvreté est de 56%). Plus des trois-quarts des Tchadiens de plus de 15 ans sont analphabètes, et le pays ne compte qu’un médecin pour 28.170 habitants. De plus, une personne sur deux seulement a accès à une source améliorée d’eau potable, 1% seulement de la population dispose de l’électricité, et il n’y a que 1106 kilomètres de routes goudronnées sur un territoire deux fois plus vaste que celui de la France.
Le réseau de routes bitumées – très modeste si on le compare à celui des autres pays africains – a presque triplé au cours des 8 dernières années (de 346 km en 2000 à 1106 km en octobre 2008) ; le réseau des pistes rurales mises en service est passé de 343 km en 2006 à 1244 km en 2008 ; le réseau de routes en terre circulable en toute saison est passé de 2800 km en 2002 à 3675 km en 2008 même si ce résultat reste modeste par rapport à l’objectif de 6200 km visé par la Stratégie Nationale des Transports. La mise en place d’un Fonds d’Entretien Routier (FER) de deuxième génération a permis de sécuriser les ressources destinées à l’entretien routier : ces ressources sont passées de F CFA 4 milliards avant la création du FER à 10 milliards en 2008. En dépit des progrès réalisés, le réseau routier reste sous-développé par rapport à la superficie et aux besoins du pays, particulièrement en ce qui concerne le réseau de pistes rurales et des routes d’interface en terre dont l’état et le taux de couverture sont critiques pour faciliter l’accès des produits vivriers aux marchés régionaux et à celui de N’Djamena.
Des progrès mitigés ont été  enregistrés dans la lutte contre la pauvreté extrême au Tchad. L’accès à l’éducation s’est accru, dépassant les objectifs fixés dans la SNRP, surtout pour les filles, mais les progrès ont été plus lents dans le secteur sanitaire. Si l’accès à l’eau potable et la couverture vaccinale se sont améliorés, les taux de mortalité infantile et juvénile sont restés relativement stables depuis les années 1990. En outre, la mortalité maternelle (1090 décès pour 100 000 accouchements) et la malnutrition des enfants (41%) ont augmenté. Même si des efforts ont été entrepris pour accroître le nombre de centres de santé (la couverture sanitaire est de l’ordre 76%), l’insuffisance de personnel formé et de moyens de fonctionnement demeure un obstacle majeur à l’amélioration des services et le coût des prestations constitue un frein à l’accès à ces services.
Plus généralement, si les allocations budgétaires aux secteurs sociaux se sont accrues depuis l’avènement des revenus pétroliers en 2004, de nombreuses institutions sont encore sous financées. Le bilan accumulé depuis 1994 par le Tchad sur le plan macroéconomique est dans l’ensemble mitigé :
  • Le taux de croissance annuelle de son PIB réel a été de 5,2% en moyenne entre 1994 et 2003. Il a même dépassé les 9% par an depuis 2001 sous l’effet des investissements dans le domaine pétrolier et de leurs retombées. En 2004, cette croissance a atteint le niveau record de 30% du fait du démarrage de l'exportation du brut. Cette croissance a ralenti depuis lors, en s’inscrivant en moyenne à 5% en 2005-2006 et a stagné en 2007 et 2008 avec un niveau estimé à 0.2% et -0.4% respectivement du fait principalement de la baisse de la production pétrolière et des difficultés de la filière cotonnière.
  • L’inflation, mesurée par la variation de l’indice des prix à la consommation, est restée ces dernières années à un niveau modéré. En effet, l’indice de prix à la consommation s’est établi à 8,3 % en moyenne annuelle en 2008, contre -9 % en 2007 à cause de la crise alimentaire et de la hausse subséquente des prix des denrées alimentaires, et ce, malgré la bonne production agricole de la campagne de 2007/2008.
  • La construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun a pris fin avec un an d’avance sur le calendrier prévu. La production de pétrole a démarré en juillet 2003, et le Tchad a commencé à en tirer des revenus à la fin du mois de novembre 2003. Apres un pic de 200.000 barils en 2004, la production pétrolière n’a cessé de baisser pour se stabiliser autour de 150 000 barils par jour. En revanche, les recettes de l’Etat tirées de la vente du pétrole ont été largement plus importantes qu’escomptées sur la période 2005-2008 du fait de la très bonne tenue des cours internationaux.
Le Tchad connaît cependant des problèmes de gestion financière récurrents depuis 2004 en dépit de l’apparition de la manne pétrolière. L’accord conclu avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) a expiré début 2004 sans qu’ait été achevée la dernière revue du programme, ce qui a entraîné un report des appuis budgétaires des bailleurs de fonds. L’accord suivant, conclu le 25 février 2005 avec le FMI n’a pas permis une reprise des relations ni un seul décaissement au titre de la FRPC. Entre-temps, le Tchad a modifié, en décembre 2005, le cadre contractuel conclu avec la Banque pour la gestion de ses revenus pétroliers en vue de faire face à des difficultés financières. Le règlement du différend avec la Banque mondiale en juillet 2006 a permis une reprise du programme appuyé par la FRCP qui n’a finalement pas duré. Plus récemment, le gouvernement a conclu un programme de référence avec le FMI sur la période avril-octobre 2009 après une première tentative qui avait échoué courant deuxième semestre 2008 en raison de l’évolution trop rapide des niveaux des dépenses publiques notamment des dépenses militaires.
 
Défis à venir
 
Le Gouvernement a développé, avec l’appui de ses partenaires au développement, un certain nombre de stratégies en vue de faire face à la situation économique difficile vécue par les populations et rehausser le niveau et la qualité de vie. A cet égard, le Document de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté, révisé en avril 2008, met non seulement un accent particulier sur l’utilisation des revenus pétroliers pour réduire la pauvreté mais aussi il préconise la bonne gouvernance et le renforcement des capacités institutionnelles en vue d’assurer une gestion plus efficace des ressources publiques. La Banque mondiale et les autres partenaires au développement ont financé de nombreux projets et programmes axés sur les reformes structurelles et la réduction de la pauvreté.
Cependant l’évaluation conjointe Banque mondiale/FMI et celle du Gouvernement sur la mise en œuvre de la SNRP a établi que beaucoup reste à faire par rapport aux Objectifs du Millénaire du Développement. Le principal défi reste pour le Tchad, à veiller à l’utilisation rationnelle des recettes pétrolières pour assurer une croissance économique soutenable en vue de réduire la pauvreté. Dans ce cadre, les variations amples du cours du baril de pétrole qui est passé de $145 durant l’été 2008 à environ $50 en début 2009 pour ensuite remonter autour de $70 depuis avril, posent de sérieux problèmes de gestion et conduisent à de réelles préoccupations quant à la capacité du Tchad à mobiliser les financements nécessaires pour maintenir le niveau actuel des dépenses publiques qui se sont considérablement accrues avec l’avènement des revenus pétroliers.
 
Appui de la Banque mondiale au Tchad
 
La Stratégie d'aide-pays  (CAS) de la Banque mondiale s’attache à aider le Tchad à tirer le meilleur profit possible de ses nouveaux revenus pétroliers, ainsi que de ses ressources publiques, afin de réaliser les Objectifs de développement pour le millénaire.  En attendant l’élaboration d’une nouvelle Stratégie d’aide-pays, il est prévu une révision de la stratégie actuelle à une date qui n’a pas encore été précisée.
Au mois de Septembre 2009,  le portefeuille de la Banque mondiale comprenait huit (08) projets en cours, représentant des engagements de 185.8 millions de dollars EU.
La ventilation de ces engagements s’établit ainsi :
  • 12%  dans les secteurs du Développement Social
  • 16% dans le domaine des transports
  • 8% pou le développement urbain
  • 5% pour la gouvernance et la gestion des finances publiques
  • 36% pour l’environnement
La Banque n’a approuvé aucun nouveau projet pour le Tchad durant l’année 2008 en raison du différend qui est né de l’utilisation des revenus pétroliers par le Gouvernement. La Banque a estimé que le Gouvernement n’avait pas respecté les engagements pris dans le cadre du projet de construction du pipeline Tchad-Cameroun, en 2001, et qui a permis au pays de devenir producteur et exportateur de pétrole, depuis octobre 2004. Tirant les conséquences de l’échec des différentes tentatives de redressements, le Gouvernement et la Banque se sont accordés pour le remboursement des sommes restant dus sur le projet pétrole (65 millions de dollars) avant la reprise des relations. Le bureau de la banque à N’Djamena qui était resté fermé depuis le lendemain des attaques rebelles de février 2008, a ainsi rouvert ses portes le 12 janvier 2009 et les activités des différents projets ont pu être relancées. Il reste toutefois à baliser le chemin vers une reprise durable des opérations de la Banque au Tchad qui passera par une discussion de haut niveau pour clarifier les objectifs et les contours des interventions de l’institution autour d’un programme inclusif de développement.
La Société Financière Internationale (SFI) la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui finance les projets du secteur privé a directement engagé 100 millions de dollars américains de ses propres ressources dans le projet Pétrolier Tchad-Cameron. En plus de cet apport direct, la SFI a aussi mobilisé 100 millions de dollars américains dans le cadre de syndications en faveur du projet. Pour accompagner cet investissement, l’IFC a lancé un programme d’appui aux petites et moyennes entreprises dont le pilier est le Centre de Développement des Entreprises (CDE) domicilié à la Chambre de Commerce du Tchad. Ce centre est un modèle de partenariat réussi entre l’IFC, le Consortium pétrolier et la Chambre de Commerce du Tchad et vise trois objectifs essentiels : renforcer les capacités des entrepreneurs en matière de gestion d'entreprise, favoriser l’accès au financement auprès des institutions spécialisées dans ce domaine, et promouvoir les liens commerciaux entre les sociétés du Consortium pétrolier et leurs sous-traitants d'une part, et les opérateurs économiques tchadiens d'autre part. En plus du CDE, la SFI soutient également la mise en place d’un Forum de Dialogue Etat-Secteur Privé (FODEP) en vue d’améliorer l’environnement des affaires du pays et accroître le niveau des investissements privés au Tchad.

Il existe beaucoup de synergies entre les programmes d’aide mis en place par le Groupe de la Banque et les initiatives des autres bailleurs de fonds (voir à cet égard le cadre axé sur les résultats qui est présenté à l’annexe 1 de la Stratégie d’Assistance Pays), et notamment un processus d’étroite interaction et collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI) au niveau du programme suivi par le pays dans le cadre de la facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). 


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