Informations sur le Togo
Situation et performance économiques
Le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest dont la population a été estimée à environ 6,5 millions d’habitants en 2009. Ses principales activités économiques sont l’exploitation minière, l’agriculture et la réexportation.Le revenu moyen par habitant est d’environ 360 dollars américains et le revenu national brut était de 2,4 milliards de dollars en 2007. Sa capitale, Lomé, s’étale sur la côté près de la frontière avec le Ghana et possède le seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest, ce qui fait de la ville une importante plaque tournante de transport pour le commerce des pays voisins enclavés. Le pays est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Les principales activités économiques du Togo son l’agriculture, l’exploitation du phosphate et le commerce. L’agriculture emploie deux tiers de la population et représente environ 45 % du PIB. Le secteur secondaire (qui comprend notamment les phosphates, la fabrication de ciment, la construction et l’énergie) emploie environ 12 % de la population et représente environ 22 % du PIB. Le secteur des services, dominé par le commerce et le transport, emploie environ 21 % de la population et génère environ 33 % du PIB. Les principales exportations du pays sont le ciment et le clinker, qui sont exclusivement destinés au marché régional d’Afrique de l’Ouest où la demande est soutenue ; suivis par le coton, qui est traité et commercialisé par des entreprises publiques. Le Togo produit également des cultures marchandes, principalement du café et du cacao, et bénéficie d’un potentiel agricole considérable.
L’économie du pays a souffert de la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant enregistrée à l’échelle du globe, ainsi que des fortes inondations intervenues pendant l’été de 2008 et qui ont sérieusement endommagé certaines infrastructures de transport et réduit la production agricole. La récession mondiale de 2009 a contribué à retarder la reprise économique. Malgré la mise en œuvre de politiques budgétaires anticonjoncturelles, le taux de croissance réelle du PIB en 2009 est maintenant estimé à 2,5 %, contre 4 % selon les prévisions précédentes. L’impact du ralentissement économique mondial aurait été particulièrement marqué sur les investissements directs étrangers (IDE) et la réexportation. Les réexportations sont passées de 25 % du PIB en 2007 à 14 % en 2009 (en raison également de la détérioration des infrastructures liée aux inondations) et les IDE ont chuté de 3 % du PIB en moyenne pendant la période 2004-2007 pour se fixer à 0,8 % en 2009. Par conséquent, le recul du PIB réel par habitant a été freiné mais non inversé, la croissance négative du revenu par habitant passant de -0,8 % en 2008 à -0,1 % en 2009. Le taux d’inflation est retombé à 2,2 % en 2006 et 1 % en 2007 après avoir plafonné à 6,8 % en 2005. Il a atteint un pic de 8,4 % en 2008 avant de retomber à 2,1 % en 2009 et devrait grimper à 3,1 % en 2010 sous l'effet de la reprise de l'activité économique régionale et mondiale et de la hausse des prix du pétrole et d'autres matières premières. L’inflation devrait ensuite retomber à 2,8 % en 2011 grâce à la stabilisation des prix des matières premières et à une efficacité économique renforcée par les réformes structurelles.
Environ 62 % de la population vit en-dessous du seuil national de pauvreté. Malgré quelques progrès, il est improbable que le Togo arrive à réaliser la plupart des Objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) d’ici à 2015. Il sera en particulier difficile pour le pays d’atteindre les objectifs de réduction de moitié de la pauvreté et de la famine, ainsi que les objectifs relatifs à un meilleur accès à l’eau et aux installations sanitaires, et à la diminution des taux de mortalité maternelle et infantile.
Le gouvernement togolais continue à appliquer avec succès l'accord triennal approuvé par le FMI au titre de la Facilité pour la lutte contre la pauvreté et pour la croissance qui vise à relancer la croissance économique et à améliorer les conditions de vie dans un environnement macroéconomique stable : (i) en limitant la dette publique grâce à un ajustement budgétaire progressif et à un allègement de la dette par le biais de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale ; (ii) en favorisant la reprise de l’aide extérieure ; (iii) en augmentant les ressources consacrées aux infrastructures, à l’agriculture, à la santé et à l’éducation ; (iv) en renforçant la gouvernance budgétaire ; (v) en restructurant les banques fragiles ; et (vi) en réformant l’environnement des affaires et les entreprises publiques. Le Conseil des Administrateurs du FMI a terminé sa troisième revue en novembre 2009 et tous les critères de performance quantitative et structurelle ont été satisfaits.
Situation politique
Des élections présidentielles ont été organisées le 4 mars 2010. Sept candidats étaient en lice parmi lesquels : Yawovi Agboyibo du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Agbeyome Kodjo de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Nicolas Lawson du Parti du Renouveau et de la Rédemption (PRR) et Kagbara Bassabi du Parti Démocratique Panafricain (PDP). Selon les résultats définitifs publiés par la Cour constitutionnelle le 18 mars 2010, le président Faure Gnassingbe a été réélu avec 60,88 % des voix contre 33,93 % pour son principal adversaire, le candidat du premier parti d’opposition (l’Union des Forces de Changement, UFC), Jean-Pierre Fabre.
L’élection a été suivie par plus de 3 000 observateurs locaux et près de 500 observateurs européens et africains. D’après leurs premiers rapports, le scrutin a bénéficié d’une organisation transparente et a eu lieu dans un climat de calme et de paix. Ces rapports mentionnent toutefois certaines anomalies associées à la fiabilité et à l’authentification des bulletins de vote, ainsi qu’un manque de transparence dans la façon dont les résultats ont été rassemblés.
Le gouvernement actuel du Togo, mené par le Premier ministre Gilbert Fossoun Hougbo (en poste depuis septembre 2008), est axé sur la réforme et englobe toutes les tendances politiques, comprenant en son sein des ministres issus de partis d’opposition non représentés au parlement et de la société civile. Le nouveau gouvernement issu des élections présidentielles de mars 2010 devrait poursuivre le programme de réforme économique entamé par son prédécesseur.
Les défis en matière de développement
Le Togo a réalisé des progrès considérables au cours des trois dernières années mais il reste encore de nombreux défis institutionnels et économiques à relever. Citons notamment :(i) un mauvais historique de gouvernance et une faible capacité administrative après plus de 15 ans de conflit sociopolitique, de mauvaise gestion des ressources publiques et de manque d’aide étrangère ; (ii) d’importants arriérés domestiques qui devront être progressivement remboursés ; (iii) la crise du secteur énergétique (la demande dépasse l’offre, ce qui entraîne de fréquentes pénuries d’électricité) ; (iv) les entreprises publiques déficitaires ; (v) un environnement des affaires peu favorable ; et (vi) la détérioration des conditions sociales. Le Togo a atteint le point de décision de l’Initiative PPTE en novembre 2008 et devrait atteindre le point d'achèvement fin 2010, ce qui lui permettra de nettement réduire son endettement et de libérer progressivement des ressources budgétaires. Le point de décision a également ouvert la voie à de nouvelles ressources multilatérales et bilatérales qui sont essentielles pour financer la stratégie de réduction de la pauvreté du Togo. Afin de relancer l’économie et de réduire la pauvreté, les autorités togolaises cherchent à consolider la stabilité macroéconomique et à faire avancer les réformes structurelles prioritaires tout en obtenant une aide technique et financière renforcée de la part des partenaires de développement.
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